Résumé:

La distinction entre voyelles et consonnes est la pierre angulaire des systèmes phonologiques et son acquisition a une importance majeure pour le développement du langage chez l’enfant. Les recherches antérieures se sont focalisées sur les différences perceptives entre voyelles et consonnes, mais la possibilité d’une représentation perceptive commune a également été débattue. Des arguments ont été avancés en faveur d’une telle représentation ou bien à son encontre, mais la question restait en suspens (Serniclaes, 2010).

 

Résultats:

Les résultats d’identification de syllabes consonne-/ә/ et voyelle-/ә/ par des adultes francophones montrent que les frontières entre lieux d’articulation des consonnes b/d/g, dans l’espace acoustique des transitions des F2-F3, correspondent à celles entre voyelles i/y/u, dans cet ordre, après une rotation spatiale (Serniclaes & Salinas, 2011). Ces résultats vont à l’appui d’une représentation commune des lieux d’articulation des voyelles et des consonnes et ils suggèrent que cette représentation n’est ni acoustique, ni articulatoire mais bien de nature topologique : les distinctions de lieux des deux classes de phonèmes partagent les mêmes frontières sur l’axe antérieur-postérieur indépendamment des articulateurs impliqués et des valeurs pre-rotation des indices acoustiques. Des résultats supplémentaires, recueillis chez différents groupes d’enfants confirment cette représentation topologique commune et montrent qu’elle dépend de l’âge et du statut de lecture mais non du statut articulatoire (Serniclaes et al., en prep.).