Résumé:

Chez enfants sourds avec Implant Cochléaire (IC), des contraintes sur le développement de la perception de la parole peuvent provenir soit de la privation auditive durant les premiers mois de la vie, soit de limitations technologiques dans la transmission of de signaux acoustiques par l’implant. Notre objectif est de voir si périodes de privation auditive relativement restreintes (jusqu’à l’âge de 2 ou 3 ans) ne modifient pas l’architecture de la perception de la parole.

Résultats obtenus:

Des résultats d’identification et de discrimination montrent que la perception de sons de la parole par les enfants avec IC n’est pas qualitativement différente de celles d’enfants contrôles normo-entendants (contrôles NE). Les enfants avec IC présentent le même degré de « perception catégorielle » que les contrôles NE, c.à.d. la même relation entre leurs performances de discrimination et d’identification (Medina & Serniclaes, 2009 ; Bouton et al., 2012). Les enfants avec IC présentent également le même effet de lexicalité que les Contrôles NE, c.à.d. une meilleure perception des mots par rapport à des pseudomots (Bouton et al., 2011). Cependant, il y a des différences quantitatives entre enfants avec IC et contrôles NE. Les enfants IC présentent un déficit de précision dans la perception de traits phonémiques et ce déficit est le plus important pour le trait de nasalité par comparaison avec d’autres traits vocaliques ou consonantiques (mode et lieu d’articulation, voisement et aperture: Bouton et al., 2011; 2012). Ces différences de précision proviennent vraisemblablement de limitations de l’implant cochléaire dans le codage des indices spectraux, une hypothèse qui pourrait être testée en faisant appel à une simulation des processus de perception de la parole sur ordinateur (Serniclaes et al., 1996; 1998).