Dates de début – fin : 2011-2019

Résumé de l’opération : 

Le but de cette opération est de determiner la générabilité et l’origine du biais consonantique (Nespor et al., 2003), ainsi que les facteurs qui module son expression. A cette fin, une approche développementale et crosslinguistique combinée a été utilisée, des études explorant le niveau lexical étant réalisées dans différentes langues, de la petite enfance à l’âge adulte.

 

Résultats obtenus : 

Les études conduites en français ont montré que le biais consonantique n’est pas un biais initial, mais émerge (à partir d’un biais vocalique) entre 6 et 8 mois (Bouchon et al., 2015; Nishibayashi & Nazzi, 2016; Poltrock & Nazzi, 2015). De plus, des tâches d’acquisition de mots ont été conduites en français, anglais et danois, montrant différentes trajectoires développementales (émergence du biais consonantique plus tardive en anglais, entre 24 et 30 mois, Floccia et al., 2014; biais vocalique en danois à 20 mois, Højen & Nazzi, 2016). Ces deux séries d’études établissent que le biais consonantique est acquis, et dépend de propriétés langue-spécifiques qui sont liées aux niveaux phonologique ou prélexical. Une collaboration en cours avec A. Hojen, O. Bohn (Aarhus U.) et B. New (U Chambéry) teste l’hypothèse que contrairement aux locuteurs français et anglais, les locuteurs danois adultes ont un biais vocalique, généralisant les travaux de New et al. (2008) et van Ooijen et al. (1996) à cette langue.