Dates de début – fin : 2015-2019

 

Résumé de l’opération : 

Cette opération vise à examiner deux questions liées à la perception et au traitement de séquences illégales de consonnes. La première question concerne la trajectoire développementale de la réparation phonotactique. La deuxième question a trait au débat sur l’existence ou non d’un stade de perception «véridique» au niveau phonologique. Ces deux questions sont examinées à partir de données EEG.

 

Résultats obtenus : 

Concernant la première question, de nombreuses études ont montré que les clusters consonantiques illégaux sont assimilés perceptivement, ou “réparés” en séquences phonologiques bien-formées, la plupart du temps par le moyen d’une épenthèse vocalique (pour un travail récent, Guevara-Rukoz et al., 2017) ou par substitution consonantique. Le cas de */tl/ entendu comme /kl/ par les locuteurs adultes français ou anglais est particulièrement robuste (Hallé et al., 1998) et cette opération portera sur ce phénomène. Des données antérieures sur la réparation par épenthèse de voyelle par les enfants japonais (e.g., */abna/ réparé en /abuna/) suggère que ce type de répération émerge entre 7 et 14 mois (Mazuka et al., 2011). L’acquisition des propriétés phonotactiques de la langue maternelle par réparation de substitution consonantique a été testée à 7, 11 et 14 mois, en testant la discrimination entre les séquences /pla/, */tla/ et /kla/. Les résultats à 7 et 11 mois ne montrent pas de réparation, alors que nos données préliminaires à 14 mois suggèrent que ces mécanismes de réparation sont en place à cet âge. Concernant la deuxième question, nos données sur les plus jeunes enfants soutiennent l’hypothèse d’un stade initial de perception “véridique”. Cependant, pour les données adultes, ce stade n’est pas détectable dans les réponses cérébrales (ERPs).